Prior to the MaMA convention (October 12-14th, 2016), the French Music Center IRMA interviewed Transparency Rights Management’s Business Development director Magali Clapier, as an expert who has participated to European Commission workshops on music data.

To access article and ITW about this workshop: here (in French).
ITW below

Magali Clapier
« Amorcer des bonnes pratiques dans le quotidien des acteurs »


Directrice du développement de Transparency Rights Management, Magali Clapier est une experte des métadonnées (voir notre focus d’avril). En mars dernier, elle a participé au premier atelier thématique du processus « AB Music », consacré aux datas dans la musique. Le vendredi 14 octobre, elle sera sur le panel qui y sera consacré à M@MA Invent.


- Les datas étaient un des quatre thèmes choisis pour ce programme d’ateliers européens. C’est dire l’importance du sujet. Quels sont les grands enjeux pour la musique sur cette question ?

L’atelier sur les data couvrait trois enjeux prioritaires. Le premier, d’ordre statistique, où la consolidation de données sur les ventes, les audiences ou l’écosystème, sont vitales pour exister en tant qu’économie. Le second, d’ordre commercial, sur les métadonnées d’identification, où les données et leur qualité permettent de trouver un titre en ligne et reverser les bons droits, donc cruciales pour assurer le chiffre d’affaires de l’industrie. Enfin d’ordre marketing, sur les données d’usage, permettant de connaître son public, ses consommateurs et comprendre leurs besoins.

- Ces enjeux sont-ils partagés au niveau européen ?

Lors de cet atelier, tout le monde a partagé la nécessité et la difficulté de consolider l’ensemble des données disponibles, sur tous les champs de l’industrie : production, édition, création, live… La statistique est un enjeu pour les organismes représentatifs, les métadonnées et les données d’usage sont un enjeu pour les entreprises du secteur. Au niveau européen, la mauvaise circulation et le manque de fiabilité de ces données rendent les entreprises très dépendantes des services en ligne, avec lesquels le rapport de force peut être déséquilibré.

Je crois que la Commission européenne cherche à comprendre comment orienter son soutien pour aider le tissu économique des entreprises de la musique — qui sont finalement les producteurs des données — à faire les bons investissements aux bons moments, pour rester dans la course internationale et se développer. Mais si les sujets sont partagés, concrètement les solutions sont moins évidentes. Le niveau de connaissance de l’état réel des métadonnées, par exemple, est très aléatoire… et confidentiel ! Ce qui complique les avancées.

D’ailleurs en France, le ministère travaille sur le sujet, en ayant lancé depuis un an un groupe de travail sur les métadonnées – à ma connaissance le seul à un niveau national en Europe. Il serait tout à fait logique et constructif de faire remonter au niveau de la Commission la compréhension approfondie de la situation et des besoins.

- Selon vous, quel rôle pourrait jouer la Commission européenne, notamment en terme de soutien via la DGEAC (direction Culture) ?

La Commission est justement un organe neutre. Étant donné la sensibilité autour de ces questions, c’est un gros avantage. Cela a déjà permis de mettre autour de la table des industries et des points de vue différents. Son autre atout, évident, est son périmètre européen et potentiellement sa proximité avec la règlementation. Il a toujours été clair que la règlementation était hors du périmètre de ces ateliers. Néanmoins celle-ci dicte déjà des règles avec lesquelles le soutien aux entreprises doit pouvoir être aligné, sur la transparence par exemple ou certains délais de paiement.

In fine, je crois qu’un soutien au niveau européen aura pour énorme atout de reconnaître les spécificités du secteur économique de la musique (ce serait une première pour l’Europe !), et que les dispositifs soutenant les projets liés aux données auront pour mérite d’amorcer des bonnes pratiques dans le quotidien des acteurs en utilisant le meilleur argument qui soit : le coup de pouce financier.


Propos recueillis par Gilles Castagnac